I. Martin :
Que serait votre monde si votre créateur vous avait abandonné ? C’est la question posée à Dimitri et sa réponse est simple : rien.
Voir ses compatriotes continuer à obéir à l’absence sans sourciller, alors qu’ils sont comme lui abandonnés, l’a rendu agressif et provoqué sa chute, sa déchéance.
A la recherche d’un avatar pour l’aider à faire comprendre aux siens l’inanité de leur obéissance absurde, Dimitri, l’un de ses nombreux noms, trouvera sur sa route Martin.
De notre temps à d’autres, Martin parcourra l’histoire sans jamais en faire partie.
La lente agonie du monde sera sa responsabilité et celle de Dimitri, manipulateur sociopathe, qui lui fera découvrir au final que « la route vers l’enfer est pavée de bonnes intentions ».
La première version de Martin

Le roman « Martin » de Mü, ainsi que tous ses essais et développements présents sur ce site, est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.
Les critiques :
KQ : Martin, c’est un peu comme un opéra. Un opéra moderne et précis dans ses mots, inéluctable dans son rythme. Un opéra dont les phrases parleraient du monde, à tout le monde. Une note, éponyme et ténue, le parcourt de la première à la toute dernière page. Et à la note de ce mystérieux Martin se mêle (ou pas) toute une galerie de personnages que rien ne semblerait devoir lier entre eux de prime abord, mais qui vont pourtant devoir se passer le relais d’une histoire ambiguë. Ils sont les pièces d’un puzzle, peut-être même les pions d’un jeu qui les dépasse et que l’on regarde d’au-dessus, pieds et poings liés. Et Martin, qui est-il ? Caligula ? Messie ? Est-ce vraiment important de savoir le ‘qui’ lorsque le ‘quoi’ est si dense ? Si le style est d’une neutralité presque clinique, c’est pour mieux happer vers le fond, un fond qui n’est jamais tout à fait ce qu’il semble être. De fortes présences mystiques et religieuses ponctuent ce roman aux mille pistes, cet opéra de mots très ancré dans une réalité d’homme. D’homme glauque, sombre et malgré tout toujours humain, plus ou moins, c’est selon. Physiquement et métaphysiquement troublés et troublants, les personnages ici sont tout à la fois la fin et le début, la cause et la conséquence d’un monde glissant et oppressant tellement irréel qu’il en devient étrangement familier.
Et comme souvent lorsque l’on est capturé par une œuvre, c’est lorsque le rideau tombe que l’on sait enfin que l’on ne sait rien. Si, juste une chose : que l’on est tombé sur un roman qui se lit plusieurs fois et que l’on laisse à l’envi résonner en soi. En attendant de découvrir les autres écrits de son auteur.
IFN Pacman : Martin… je l’avoue, ce n’est pas forcément le genre de titre qui m’aurait attiré et j’imagine facilement qu’en librairie la 4ème de couverture ne m’attirera(it) pas. Sauf que c’est Mü qui l’a écrit, alors on se plie et on lit et finalement on apprécie. Pas réellement coutumier du genre nouvelle et moins encore du style anticipation, on commence à lire avec un peu d’appréhension surtout que le premier chapitre continue à me hérisser au fil des relectures. Parce que oui bien sûr, il y a des relectures parce que cette nouvelle est plus complexe et riche qu’il n’y paraît. L’auteur prend soin de nous balader au travers de plusieurs vies, époques et lieux. L’énigmatique Martin qui revient sans arrêt sans jamais savoir si c’est vraiment toujours le même est un peu le fil conducteur de cette nouvelle éponyme. Traitant de sujets universels et toujours d’actualité, cette nouvelle est un peu un voyage initiatique pour mieux comprendre l’humanité ou plutôt la façon dont Mü l’envisage. Tour à tour cynique, complaisant, voyeur et désabusé, le narrateur nous conte les histoires (ou peut être une seule histoire) de jeunes homosexuels, sans arrêt aux prises avec Martin, artiste de la destruction d’une humanité qui ne mérite peut-être pas de vivre sur cette planète. Avec un style précis et dépouillé, Martin est un joli point de départ pour quelques réflexions, d’autres lectures ou écritures…
A. Nallet : Votre livre est une parfaite illustration d’une citation de Fatma Zohra Zamoum: “les livres importants sont ceux où il advient quelque chose pour la communauté humaine, une singularité, un imaginaire, une subjectivité ou un regard”.
Il y a un peu tout çà dans MARTIN, banalité et folie se cotoyant dans un style minimaliste, épuré, voire détaché qui renforce l’effet de la situation. Cà fait en effet partie du jeu que de sentir dès le début que quelque chose cloche, sans parvenir à mettre le doigt dessus, de se fourvoyer dans mille et une directions, comme dans un labyrinthe, pour enfin découvrir le final qui m’a laissée déstabilisée,glacée ….car enfin, les thèmes sont aussi foisonnants que l’écriture est condensée, la construction du scénario précise et le découpage des chapitres quasi-chirurgical.
En lisant d’une seule traite MARTIN, le temps ne s’écoule pas, il est et on se retrouve au point de départ, avec un ouragan de questions dans la tête (de la question centrale du qui suis je, quelle est ma place dans ce monde à celle du hasard existe t’il ?) et l’impression d’avoir été manipulée tout en ayant pu approcher quelque chose comme la conscience de l’absence de vérité.
Bien évidemment, cela commande une autre lecture, la première n’étant qu’une mise en bouche….
Alors, comme j’ai toujours pensé qu’il ne fallait nommer que les livres que l’on a aimé, je dis : MARTIN, MARTIN, MARTIN.
Alkayl : Au fil des pages, où différents destins s’entrecroisent, l’intérêt porté à Martin ne fait que croître. Qui est ce singulier personnage, passerelle entre les portraits brossés au cours des chapitres, qui semble ourdir d’étranges desseins ? Est-il l’alpha et l’omega, est-il singulier ou multiple, que désire-t-il réellement, autant de questions qui ne trouvent de réponses qu’au terme de la lecture, lecture qui en appelle bien vite une autre.
En effet, Martin ne se lit pas, il se découvre perpétuellement, et on se prend vite à combler les ellipses, à inventer des histoires pour les personnages qui ne sont qu’effleurés par la plume de Mü. Bien plus que lecteur, on devient acteur, de par les nombreuses niches laissées à l’imagination. Et une fois le livre clos, il est fait place à la réflexion et à la méditation sur la condition humaine et sur la destinée de l’être humain, renvoyant notamment aux considérations de Hobbes quant à sa nature intrinsèque.
Que souhaiter à l’auteur de Martin ? De poursuivre son oeuvre d’écrivain.
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II. La machine à rêves :
Ce roman est en suspens le temps de la réécriture de Martin suite à une demande d’éditeur.
Il n’en est pas, pour autant, abandonné… Loin de là !
En revanche, je vous proposerai d’ici peu d’en lire les premiers chapitres afin que vous puissiez découvrir un peu le thème de ce roman.
A très vite !

Le roman « Machine à rêves » de Mü, ainsi que tous ses essais et développements présents sur ce site, est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.